Hygiène chimique : les perturbateurs endocriniens

Bouteilles d'eau

Flickr -« Bottled Water Macros » de Steven Depolo

Dans la suite de la série hygiène chimique, on s’intéresse aujourd’hui aux perturbateurs endocriniens.

Ces substances sont, je trouve, les plus dangereuses. Elles ont des effets sur le très long terme (plusieurs générations), elles sont présentes quasiment partout (de l’alimentation en passant par les vêtements ou les emballages) et elles ne sont pas inscrites comme tel dans les listes d’ingrédients ou de composition de vos produits.

1. Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Notre organisme communique entres organes via deux principaux systèmes de communication : le système nerveux et le système hormonal. Dans le système hormonal, ce sont des molécules (hormones) qui transmettent de l’information entre les organes. Chaque hormone a un rôle précis pour assurer le bon fonctionnement de l’organisme.

Les perturbateurs endocriniens (PE) modifient ce fonctionnement hormonal : des molécules chimiques miment l’action des hormones, en brouillant les messages de deux manières différentes. Soit ces substances imitent les hormones soit elles ont une action inverse et entravent l’action des hormones. Ces déséquilibres sont infimes. Mais nous sommes exposés à des milliers de déséquilibres de ce type, pouvant entraîner des maladies.

Les PE ont trois caractéristiques principales :

  • Ce n’est pas tant la dose qui fait le poison que le moment de l’exposition. Le moment de la vie fœtale est la période la plus à risque. Avec les PE, la pratique d’un seuil limite devient donc obsolète voire même contradictoire. Certains PE, notamment sous forme de nanoparticules, sont plus toxiques à faible qu’à forte dose.
  • Il y a une forte période de latence entre le moment de l’exposition aux PE et le développement de maladies.
  • Les PE ont des effets transgénérationnels. On prend ainsi non seulement des risques avec notre propre santé, mais aussi avec celle des générations futures (qui vivront déjà dans un environnement naturel bien mis à mal !)

2. Les effets des PE sur la santé

L’exposition aux PE que nous subissons chaque jour n’est pas anodine pour notre santé. Les maladies ont des causes multifactorielles certes. Mais l’environnement et les PE en font largement parties !

Les PE peuvent engendrer des maladies tel que des troubles de la reproduction (augmentation de l’infertilité, malformations génitales…), des cancers (du sein, de la prostate, de la thyroïde…), du diabète, des maladies neurologiques (troubles du développement du cerveau)…

3. Quels sont les principaux PE à éviter ?

Alkylphénols :

Ce sont des composants de produits de nettoyage, ils sont utilisés pour améliorer la texture des produits et leur pénétration, ils sont présents dans des pesticides, peintures, résines, cosmétiques et ils sont utilisés en finition des textiles en cuir.

Comment les éviter ? Faire ses produits de nettoyage, consommer bio, utiliser des cosmétiques bio ou les faire soi-même, faire ses peintures ou au moins utiliser des peintures A, éviter les textiles en cuir.

* Bisphénol A :

Le bisphénol A (BPA) se trouve dans des plastiques polycarbonates (film alimentaire) et résine époxy (intérieur des boîtes de conserve, canettes, certaines cuves à vin ou autre stockage alimentaire), des composites alimentaires ou encore dans des papiers thermosensible d’impression.

Comment l’éviter ? Réduire au maximum votre consommation de tous les types de plastiques (les produits de substitution au bisphénol A, tel que le bisphénol S, serait également un PE), éviter les aliments emballés sous film plastique, ne pas boire dans des cannettes, éviter au maximum les boîtes de conserve.

* Dioxines :

Les dioxines sont notamment émises par l’industrie chimique utilisant du chlore, comme le secteur papetier, l’extraction industrielle de nombreux métaux. Elles sont également émises lors de processus industriel de combustion ou d’incinération des déchets. Les feux domestiques (poêles à bois, foyer ouvert) ou de forêt ainsi que le brûlage des déchets verts dans le jardin sont source d’intoxication aux dioxines.

Comment les éviter ? Ne pas brûler ses déchets verts dans son jardin (les composter ou les faire ramasser gratuitement par sa ville si un tel service existe), avoir une bonne aération pour le chauffage au bois et se renseigner sur les risques d’intoxication, éviter de vivre près d’usines polluantes.

* Perfluorés :

Les perfluorés (PFOA) imprègnent le revêtement de poêles et casseroles, ils sont présents dans les antitâches et imperméabilisant de tissus ainsi que dans certains emballages en papier et carton.

Comment les éviter ? Utiliser des poêles et casseroles en inox, en céramique ou en fonte. Eviter les tissus qui sont traités (les « anti-« , les imperméabilisant).

* Produits ignifugés (retardateurs de flamme) :

Ils sont présents dans les appareils électriques plastiques (comme les boitiers d’ordinateur ou les sèches-cheveux), dans certains textiles dont les vêtements ou les tissus d’ameublement.

Comment les éviter ? Réduire sa consommation d’objets et gadgets en tous genres, notamment électroniques. Choisir des textiles non traités.

* Phtalates :

Les phtalates sont présents un peu partout : dans les plastiques et surtout le PVC, les jouets, les gants, les emballages, les revêtements de sol, les textiles, les valises, cosmétiques dont vernis à ongle, déodorants, parfums, les colles, pigments pour encres et peintures, dans des dispositifs médicaux.

Comment les éviter ? Réduire sa consommation d’objet et faire soi-même ses cosmétiques (ou en acheter des bio).

* Additifs alimentaires et cosmétiques (dont BHA ou parabènes utilisés comme conservateur alimentaire et cosmétiques) :

Voir mon post Hygiène chimique : les additifs alimentaires

Comment les éviter ? Lire les étiquettes, cuisiner à partir de produits bruts, faire ses cosmétiques ou en acheter des bio.

* Triclosan :

Le triclosan est présent dans les produits d’entretien ménagers, les cosmétiques et les dentifrices.

Comment l’éviter ? Bien lire les étiquettes, faire soi-même ses produits d’entretien (vinaigre blanc, bicarbonate de soude) et ses cosmétiques.

* Filtres anti-UV :

Ils sont présents dans les crèmes solaires et autres cosmétiques utilisés pour l’exposition solaire.

Comment les éviter ? Ne pas s’exposer au soleil entre 12h et 16h, vive les chapeaux, étoles etc

* Pesticides :

Voir mon post Hygiène chimique : les pesticides

Comment les éviter ? Vive le bio !

* Perchloroéthylène :

Il peut être utiliser pour le nettoyage à sec des tissus et revêtements.

Comment l’éviter ? Demander à votre pressing s’ils utilisent encore du perchloroéthylène.

4. Règles générales :

  • Réduire sa consommation d’objets c’est réduire son exposition aux produits toxiques !
  • DIY ! Revenir aux éléments de base pour les cosmétiques, les produits d’entretien, l’alimentation, le bricolage (comme faire sa peinture)
  • Lire et relire les étiquettes…
  • Acheter d’occasion pour réduire son exposition et éviter la production de nouveaux objets polluants

5. Où trouver plus d’info ?

Et vous, quelles sont vos astuces pour réduire votre exposition aux PE ?

Publicités

7 réactions sur “Hygiène chimique : les perturbateurs endocriniens

  1. Pingback: 5 Reasons to go (near) zero waste – Au pays des Coccinelles

  2. Waouh !!!! Cela fait peur…. Merci pour cette compile je vais essayer de lire les livres . Notre changement est en marche beaucoup de choses ne rentrent plus dans la maison ! C’est long mais cela devient amusant de trouver des alternatives. Au départ mon mari et mes enfants etaient un peu septiques mais maintenant ils me suivent .

    • J’espère que les livres vous plairont ! Je trouve qu’on alterne souvent entre jeu et désespoir quand on cherche des alternatives ^^ En tout cas c’est super d’avoir réussi à y mettre toute la famille :) La sensibilisation par l’exemple, c’est ce qu’il y a de mieux ;)

  3. Bon il est limite angoissant cet article :)) Mais quand on prend conscience de tout cela et que le déclic ce fait, en quelques mois à peine on peut arriver à éviter une bonne partie de ces PE. Je dirais même que cela devient un jeu et une addiction !!

    • En effet ça fait peur ! On finit par voir le mal partout ! Mais il faut bien se dire que l’on ne peut pas échapper à tous les produits toxiques, malheureusement. L’objectif est de réduire notre exposition au maximum afin de permettre à notre organisme d’éliminer les toxiques qu’il peut. Je conseille vraiment la lecture du Livre antitoxique du Dr Laurent Chevallier. J’y ai appris plein de choses ! :)

Répondre à La folle verte Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s